La Rose Bourbon

Chers lecteurs,

Cette histoire est historique, et elle est vrai. Pendant dans mes 20 ans de recherche, j’ai découvert quelques véritables trésors cachés. Je l’ai écrite longtemps avant que n’importe lesquels des films aient saisi ce sujet – avec plus de fiction.

Je dois la merveilleuse photo Wiebke Worm qui l’a mise aimablement à ma disposition. Ce n’est pas une véritable Rose Bourbon, mais elle est très ressemblante à laquelle que j’ai décrit.Rose bourbon

«Cette fois, Monsieur Le Nôtre», dit le Roy, «elle doit être quelque chose de très particulier. Plus particulière que toutes les créations jusqu’à présent. Elle devrait être tendre et fragile mais, en même temps, elle devrait faire imaginer la force qu’elle porte en elle-même également. Il faut qu’elle montre ce que je porte dans mon cœur. Elle devrait être blanche pour la fidélité indéfectible que j’ai jurée et rouge pour l’amour éternel qui brûle en moi et qui brûlera toujours.
Cette rose devra manifester tout cela, si je ne peux plus le dire. Elle doit résister au passage du temps et des mondes. Dans ce monde-ci, elle devrait être un message, si l’on m’a pris ma voix.»
Les yeux du Roy s’assombrissent.
« Elle ne vous accueille toujours pas ? »
Une telle question, c’est une question inconvenante pour un jardinier. Mais je suis son ami, dans la mesure où il peut avoir des amis. Il me cherche ici dans le silence de ce qui pousse sous mes mains.
Il secoue la tête presque imperceptiblement. Je le regarde attentivement.
«Parfois», dis-je avec prudence, je sais bien de la violence de mes paroles, «vous aimeriez inverser nos rôles, n’est-ce pas ?»
Le Roy fixe son regard sur moi.
Je sais que Monsieur Le Nôtre élève ses propres pensées prenant soin de son jardin avec toute sa passion. Celui-ci, c’est son royaume, pas le mien. Un royaume en miniature. Il prend soin de chaque vie qu’il cultive ici. En négligeant cette tâche, il néglige aussi la vie. Il est le soleil de ce petit monde. Et le jardinier est un heureux homme.
Le Roy me regarde dans les yeux :
« Oui, Monsieur Le Nôtre, parfois c’est la seule chose que je voudrais posséder. Si … »
« Si la plus belle de toutes les roses ne manquait pas », rétorque -je d’une voix douce.
« Si la plus belle de toutes les roses ne manquait pas », confirme-t-il. Le Roy détourne les yeux. Nous pensons tous les deux à la femme qui se trouve, captive, enfermée derrière les murs. La femme pour laquelle il commença cette œuvre. La femme avec laquelle il vint ici en ces jours plus heureux. Ici, ils étaient uniquement des amants, rien d’autre. Elle, elle comprit. Tout ce que les fleurs peuvent exprimer et raconter.
« Donnez aux fées une belle maison, Monsieur Le Nôtre. Les dryades sont plus favorables, sachant qu’on les apprécie. »
Cet autre femme, qui revendique une position qu’elle ne possède pas, n’apparait jamais ici. Les herbes et les plantes, elle les goûte seulement si elle peut les utiliser pour son sombre ouvrage. Le Roy la fuit dès qu’il peut et s’il échoue, s’il lui faut la supporter, ultérieurement il vient ici pour se souvenir.
Je le regarde, détourne mes yeux en voyant ses yeux humides. Après un moment de silence, je dis :
« Je vous promets, Sire, que je ferai une création qui n’a jamais été créé. Je mettrai toute son unicité dans cette rose. »
Le Roy désire sa présentation devant toute la Cour. Cette présentation, c’est un signe de respect pour l’une des dames, un signe de dépréciation pour l’autre. C’est réussi, cette rose, avec un calice blanc, les pointes d’un rouge profond. Une rose, symbole de son amour, même visible dans la distance.
« Comment voulez-vous la nommer? » demande-je.
« Rose Bourbon », le Roy répond d’une voix ferme. « Pour Louise Françoise. »
Un murmure parcourt la salle. Le Roy tend sa main vers le premier plant, doucement, tendrement.
« Cette rose, c’est la première? »
« Oui, Sire, la première. »
« Donc, emmenez-la à Paris. Dans la rue d’Enfer. »
Le lendemain matin, une jeune femme reçoit cette rose comme cadeau. Elle la tient dans ses mains, sans voix. Pas un vrai message qui l’accompagne, mais une note: La Rose Bourbon. Louise Françoise. Elle représente l’espérance. Elle est une promesse. Elle est l’amour. Elle est perpétuel. La jeune femme se met à pleurer, silencieusement, les larmes ruissellent sur sa figure et tombent sur les pétales. Cette rose-ci ne passera jamais. Cette amour ne passera jamais. Elle sait qu’elle la conservera. Elle sait qu’elle sert à sa couleur dans ce noir-ci, sa lumière dans cette obscurité-ci.
Pour cet instant, sœur Louise de la Miséricorde a disparu, fait réapparaître Louise de La Vallière.
Alors, une feuille se détache de la fleur tombant dans sa main. Une de ses larmes suit son chemin. La jeune femme prend une décision.
« Envoyez cette feuille à celui qui m’a fait envoyer cette rose. », dit elle. « Il comprendra. »
À quelques miles de la capitale, le Roy prend la petite feuille. Ses larmes la trempent également. Il porte le médaillon dans lequel il fait sertir la pétale jusqu’à sa mort.

3 réflexions à propos de “ La Rose Bourbon ”

  1. Rose Bourbon ou pas, elle est superbe ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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